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2013/11/22

Max Gallo : Ils ont fait la France (audio)

Entre octobre 2011 et novembre 2012, le Figaro et l'Express diffusèrent en kiosque une série de 30 volumes consacrés aux grands personnages qui, selon eux, avaient fait la France : 27 hommes et seulement 3 femmes.
A l'occasion de cette parution, Max Gallo, le directeur de l'édition, était intervenu au micro de Sandrine Marcy pour raconter en un peu plus de 3mn à chaque fois l'histoire de 20 d'entre-eux :

  • Vercingétorix (le roi des héros, l'ébauche de la nation...)
  • Clovis (le constructeur de la France, un pays chrétien...)
  • Charlemagne (le grand empereur de l'Occident catholique...)
  • Saint-Louis (le rayonnement français : les Croisades, la Sainte-Chapelle, Notre-Dame...)
  • Jeanne d'Arc (l'envoyée de Dieu, condamnée pour hérésie, puis canonisée...)
  • François 1er (Marignan 1515 : les guerres, la Renaissance et ses châteaux...)
  • Catherine de Médicis (la reine-mère, responsable non-coupable de la Saint-Barth'...)
  • Henri IV (le bon roi de France, l'édit de Nantes, la poule au pot...)
  • Richelieu (la raison d'Etat, l'éminence grise et la robe rouge dégoulinante de sang...)
  • Louis XIV (la monarchie absolue, de droit divin, et les plus belles jambes du royaume...)
  • Marie-Antoinette (la mal-aimée, le faste de Versailles, les fêtes et puis la guillotine...)
  • Napoléon Bonaparte (personnage mythique, le français le plus connu dans le monde...)
  • Danton et Robespierre (l'un c'est le vice, l'autre un malade atteint de pathologie...)
  • Napoléon III (le 1er président de la République française, la perte de l'Alsace-Lorraine...)
  • Victor Hugo (le parti pris pour les pauvres, les humbles : un géant de la littérature...)
  • Jean Jaurès (figure de proue du socialisme, malgré une vision religieuse de la vie...)
  • Georges Clemenceau (l'action et l'énergie, moitié anarchiste, moitié conservateur...)
  • Les Poilus (le sentiment charnel de défendre sa terre et le sacrifice de sa vie...)
  • De Gaulle (un homme exceptionnel et hors du commun, le + grand français du 20è siècle)
  • Jean Moulin (l'éloge de la Résistance et de ses héros, sans dire un mot sur les collabos)

Exit les grandes figures d'une tradition pourtant bien française elle aussi, celle des canuts lyonnais, de Louise Michel et de Toussaint Louverture. Ne figurent pas non plus au rang des bâtisseurs de la France les millions de travailleurs immigrés qui ont goudronné ses routes, construit ses maisons, ses écoles, ses hôpitaux. Et rien non plus sur Lavoisier, Louis Pasteur ou Marie Curie. C'est l'Histoire-à-la-papa, façon Lavisse et consorts, la France vue du Figaro, donc forcément blanche, conservatrice et chrétienne : plutôt bigote que rabelaisienne, semble-t-il. Et pour chanter les louanges de cette France-là, monsieur, qui mieux qu'un barde amoureux :



L'intégralité de la série est téléchargeable ici.

2013/11/16

Max Gallo : Le pont des hommes perdus

« C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat » (Philippe Pétain)

Photo de couverture
tirée de la collection
Roger-Viollet
Nouvelle hors-commerce de Max Gallo, le pont des hommes perdus évoque brièvement les journées des 17 et 18 juin 1940, la débâcle et l'exode, le discours de Pétain appelant les troupes à déposer les armes et le courage quasi-suicidaire de trois soldats français : le capitaine Teyssier, un ancien des Croix-de-Feu ; Victor Rovini, un anarchiste de retour d'Espagne ; et Jean Carlin, un jeune séminariste, admirateur de Péguy et de sa mystique patriotique, tout comme Gallo, avec lequel il partage également le culte effréné des grands-hommes : Jeanne d'Arc et Jésus, Napoléon et les Poilus. Extrait :

Teyssier avait rapidement traversé la cour. Par les portes grandes ouvertes du cantonnement, il avait découvert les paquetages abandonnés, les armes et les casques jetés sur le sol. Et il avait pensé à ces hommes d'autrefois, ceux de la grande guerre, ces poilus dont les corps après les attaques restaient plusieurs jours accrochés aux barbelés. Et la nuit, malgré les tirs de mitrailleuses, les fusées éclairantes, certains soldats se glissaient hors des tranchées pour aller vers ces cadavres, les ramener vers les lignes, afin qu'on les enfouisse dans la boue, et que les rats ne les dévorent plus, et que les yeux ne les voient plus.
Qu'étaient devenus en vingt années l'héroïsme, l'abnégation ?
Peut-être avait-il mieux valu que Péguy meure, le 1er septembre 1914, plutôt que de voir cela, ce peuple et ces soldats transformés en fuyards. (Max Gallo, 2000)

C'est étonnant, non ? Cette façon de glorifier le passé afin de mieux dénigrer le présent ? J'imagine que ça vient avec l'âge et les premiers cheveux blancs, que c'est pour ainsi dire physiologique... Du reste, je trouve moi aussi que c'était beaucoup mieux avant, et que si l'on veut absolument lire du Gallo, mieux vaut lire ses premiers livres plutôt que ses derniers. Sélection :

  • 1964 : L'Italie de Mussolini (une passionnante étude historique sur vingt ans d'ère fasciste)
  • 1970 : La Cinquième Colonne (les raisons, à l'époque inédites et explosives, de la défaite française)
  • 1972 : Le Cortège des Vainqueurs (grande fresque retraçant les principaux épisodes de l'histoire européenne, de 1917 à 1970, à travers les aventures d'un fasciste italien...)
  • 1975 : La Baie des Anges / Le Palais des Fêtes / La Promenade des Anglais (une trilogie pour partie autobiographique consacrée à l'immigration italienne, et plus précisément piémontaise, qui s'installa à Nice à la fin du 19ème siècle : l'ascension sociale, les luttes syndicales, les deux guerres mondiales... et mai 1968)
  • 1977 : Que sont les siècles pour la mer ? (l'histoire romancée et poétique de 2500 ans de civilisation)
  • 1978 : Les hommes naissent tous le même jour (le 20ème siècle à travers le destin de sept enfants tous nés le 1er janvier 1900 en sept endroits différents de la planète)