2014/05/29

Salvador de Bahia : les portes de l'Afrique (radio)

« Believe me, Jorge Amado’s Bahia exists, it’s real and magic like he tells » (Spacca)

Plaque tournante de l'esclavage au Brésil, de 1558 à 1888, Salvador do Bahia est sans doute aujourd'hui l'une des villes les plus métissée du monde et donc certainement aussi l'une des plus belles : 51,7% de métis - 27,8% de noirs - 18,9% de blancs - 1,3% d'asiatiques - 0,3% d'amérindiens.

Hier soir, France Culture rediffusait un vieux carnet de voyage d'Abderrahmane Sissako et Manoushak Fashahi, tous deux partis leurs micros en main sur la route du Libertad, un quartier ouvrier de Bahia où les rites afro-brésiliens sont encore très marqués :


Et puisque Jorge Amado, le chantre de la Rome noire, n'est pas cité une seule fois au cours de cette émission, pas même lorsque l'indélicat Abderrahmane Sissako, au début du reportage, lit un passage de L'Invitation à Bahia comme s'il l'avait lui-même écrit, eh bien il nous recopiera dix fois l'extrait que voici en citant son auteur :

Apre et dure, un long chemin de sacrifices, telle est la Route-de-la-Liberté [...], ainsi s'appelle le quartier le plus populaire de Bahia. La population pauvre s'étend dans son périmètre. Elle habite aussi des quartiers lointains comme la Cité de Paille, Sao Caetano, Itagipe, Plataforma... Mais il y en a également dans le centre ville, mêlée aux nantis, dans la zone du Pilori, le Tabuao, dans les rues tristes qui montent de la ville basse, dans les petites chambres des vieilles demeures qui tombent en ruines ou à côté des riches résidences de la Barra Avenida.
Si vous voulez connaître la qualité qui domine dans ces quartiers, ces maisons infâmes, ces taudis, je vous dirai seul mot : résistance. Résistance à la faim et à la maladie, au travail mal payé, à la mort des enfants, à l'hôpital, aux malheurs de la vie. Résistance. La résistance du peuple dépasse toutes les limites. Malgré tout, il survit. Et donne à ses quartiers immondes des noms d'espoir qui sont comme un drapeau qu'il dresse avec ses mains maigres, mais encore puissantes : Route de la Liberté ! 
(Jorge Amado, in L'invitation à Bahia, 1978)

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