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2014/06/01

ANPéRo : Tout un monde**** (30/05/2014)


Pour le karaoké
Je suis rentré avec Vincent
Au comptoir on s'est accoudé
Il m'a servi un verre de blanc
Et aussi une clope roulée
Comme c'était la fin du printemps
D'un coup il s'est mis à chanter


[Refrain] :
Oh les livres, oh les livres
Quand tu rajoutes la radio
Et la liste, et la liste
Moi je les aime trop

Il est sorti avec Stéphane
Qui donne dans la bande-dessinée
Il est sorti avec Bruno
Qui rêve d'ordre et de progrès*
Il  est sorti avec Laurent
De politique faut pas parler

[Refrain] :
Oh les livres, oh les livres
Quand tu rajoutes la radio
Et la liste, et la liste
Moi je les aime trop

Il est sorti d'la librairie
Il  est sorti avec Henry
Il  est sorti avec Rémy
Il  est sorti avec Aur'lie

[Le pont]

Il  est sorti avec Jean-Jean
La canne raide comme un âne** arqué***
Il  est sorti avec Jean-Jacques
Qui n'aime ni Mac ni les PC
Il  est sorti avec Karine
Qui le dépasse d'au moins un pied
Il  est sorti avec Jean-Noël
Là il faudrait ôter ce pied
Il  est sorti avec Daniel
 J'avoue que j'ai plus trop d'idées

[Refrain] :
Oh c'est libre oh c'est libre
Même sans être trop culturo
Tout l'monde vibre, tout l'monde vibre,
Pour le prochain ANPéRo

Et les filles, et les filles
Y en avait deux à l'ANPéRo,
Et les filles, et les filles,
Vous ne serez jamais de trop

[* une version initiale plus grivoise donnait : "qui voudrait bien se faire bréser", mais la censure veille]
[** attention, l'âne est multiple]
[*** archées***** : organismes originels (témoins d'un monde passé) et extrêmophiles]
[**** Tout un monde, de France Culture, de générique Hadouk Trio et Didier Malherbe, Babbalanja]
[*****  aucun rapport avec la commune de Lalanne-Arqué dans le Gers]


Par le taulier, plus sur Au bonheur des dames : Tout droit venu de ces eaux-là (26 ans, déjà…)

2013/05/03

Charles Sigel : biographie Stefan Zweig (Audio)

La récente élection au fauteuil N°33 de madame Dominique Bona, auteur d'une biographie sur Stefan Zweig (L'ami blessé), me donne l'occasion de signaler ici une autre toute bonne émission de la Radio Télévision Suisse, L'humeur vagabonde, elle aussi consacrée à l'humaniste autrichien :

"Oui, raconter Stefan Zweig, c'est forcément raconter l'époque de Zweig, c'est raconter le passage d'un monde à un autre. Il est né en 1881, donc il vient du monde d'hier - die welt von gestern, c'est le titre de ses souvenirs - et il se donne la mort au Brésil en 1942. Toute l'atmosphère d'une époque est nécessaire pour comprendre l'homme qui y vit..."

De sa voix chuintante, un peu traînante, Charles Sigel retrace en deux heures de temps, entrecoupées de citations et d'interludes musicaux, les 60 années d'une vie déchirée par le doute et ravagée par la honte, d'une vie passée pour moitié dans la Vienne sucre et miel de la Belle Epoque, et moitié dans une Europe pleine de bruit et de fureur, celle des guerres et des pogroms.
Une biographie sans concession, au cours de laquelle sont évoqués les origines, la formation et les premiers succès littéraires de Stefan Zweig. Aussi les deux grands amours de sa vie et les amitiés sans frontière, notamment celle avec Romain Rolland, dont il est beaucoup question, et qui écrivait dans son journal intime, un jour d'avril 1919 : "Je ne connais pas d'amis qui ait, plus que Zweig, le culte profond et pieux de l'amitié. Elle est sa religion." Sa religion et sa béquille : "La disparition de Stefan m'a navré. Il a dû succomber à un moment de découragement [...] Il était trop loin de ses amis. Il avait besoin de communier avec eux", disait encore Romain Rolland, en mai 1942. (*)

Sensible, délicat et fragile, discret, élégant et subtil, Zweig aurait mérité de vivre centenaire dans l'ambiance feutrée d'un salon viennois. Il n'était pas taillé pour la lutte et l'action que requérait l'époque durant la seconde moitié de sa vie. Il lui aurait fallu une âme trempée dans l'acier mais elle était plus élastomère qu'une éponge toute neuve, aussi puisait-il chez autrui la force morale qui lui faisait défaut.
Foncièrement inapte aux combats, parfois pusillanime, souvent irrésolu, et cependant incapable de rester indifférent aux maux de son temps, il a forcé sa nature aussi longtemps qu'il a pu, et puis l'éponge a fini par s'user.
Pour découvrir, ou redécouvrir, cette personnalité ambiguë mais sacrément attachante, c'est ici :

Envie de déguster un strudel aux pommes ou de se promener dans les allées du Prater, c'est par là :

Et puis, outre Zweig et les Viennoiseries, l'Humeur Vagabonde de Charles Sigel s'est également penchée sur plusieurs dizaines de femmes et d'hommes ayant chacun marqué l'histoire des arts, des sciences ou de la politique.
Voilà la liste des émissions diffusées depuis janvier 2009, toutes disponibles à l'écoute sur www.rts.ch :








(*) Si la relation entre ces deux hommes de lettres intéresse, on pourra lire la thèse universitaire du professeur Dragoljub-Dragan Nedeljković, intitulée 'Romain Rolland-Stefan Zweig, affinités et influences littéraires et spirituelles (1910-1942)'.
Cette thèse de doctorat, soutenue à Strasbourg en 1957, s'appuie principalement sur la correspondance Zweig-Rolland, à savoir plusieurs centaines de lettres échangées durant trois décennies particulièrement riches en évènements tragiques : première guerre mondiale, révolution russe, montée puis triomphe des fascismes, anti-sémitisme et seconde guerre mondiale. Reflet d'une époque, elle révèle également les préoccupations et les évolutions de pensées de deux intellectuels pas toujours en accord : anti-militarisme, souci d'harmonie et de fraternité, attitude à l'égard de la révolution, construction de l'Europe, nécessité de l'action, rôle de l'art et mission de l'artiste.

Un autre bouquin qui vaut vraiment le coup d'œil, c'est le 'Journal des années de guerre de Romain Rolland (1914-1919)' : quasiment deux-mille pages d'actualités décryptées au jour le jour, de réflexions et  d'observations émanant d'un homme, l'un des seuls de l'époque, qui su préserver le regard clair et lucide au milieu du déchaînement des haines et des passions ; qui su également garder intacte son indépendance d'esprit quand ses contemporains, les uns après les autres, s'abandonnèrent à leur instinct grégaire ; d'un homme qui a des rues, des avenues, des boulevards, des squares, des cinémas, des théâtres, des cliniques, des hôpitaux, des bibliothèques, des crèches, des écoles, des résidences, des cités, des centres d'hébergement et même des gymnases qui portent son nom, mais que personne ne lit plus.
Imprimé sur papier bible aux éditions Albin-Michel en 1952, ce livre est disponible où ça, je vous le donne en mille... A la librairie l'Entropie, bien sûr !